L’église d’Outremécourt :
un détour indispensable.
La colline de Fréhaut.
Á Bourmont.
Á Germainvilliers.
Á Nijon.
Á Epinal.
Á Nancy.
Les archives.
L’église d’Outremécourt : un détour indispensable
L’église d’Outremécourt a été construite de 1698 à 1700, à l’initiative et sous la direction du curé Nicolas de Landrian, fils d’un ancien défenseur de La Mothe. Disposant de moyens limités, il utilisa essentiellement des pierres arrachées à la collégiale de la ville détruite.
Le visiteur découvrira un édifice au plan étrange, un hexagone complété de deux chapelles encadrant le choeur. La tradition veut que ce plan reproduise, soit celui de l’ancienne collégiale (cette hypothèse est inexacte, la collégiale de La Mothe ayant un plan en forme de croix latine, avec un long chœur terminé par un chevet plat), soit celui de la ville détruite avec ses six bastions, l’église symbolisant la première enceinte et le mur du cimetière la seconde.
Sur la rue, dans une niche, une statue fort dégradée accueille le visiteur. La tradition y voit la représentation de saint Nicolas. Elle proviendrait de la collégiale détruite. Sur cette niche ont été disposés le socle et le fut, finement sculpté dans le goût de la renaissance mais hélas tronqué, d’une croix de carrefour.
Le portail de l’église mérite attention. Il est orné de deux colonnes engagées composées d’éléments arrachés à des édifices de La Mothe. Les tambours semi-circulaires proviendraient, selon la tradition, de la porte de Soulaucourt où ils étaient alternés. Si cela était, ils auraient été retravaillés, car les diamètres des tambours ne correspondent pas à ceux restés en place sur la porte. Ils proviennent donc d’un autre édifice. Ils sont à présent intercalés avec des bossages rectangulaires vermiculés, sculptés à l’extrême fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Remarquez les deux bossages rectangulaires au sommet de chacune des colonnes. Ils ne sont pas alternés avec des tambours semi-circulaires et sont sculptés dans le même bloc de calcaire. Ce sont des éléments de pilastre. Décoraient-ils la porte d’Outremécourt de La Mothe ? Ou la porterie du Château ? Ou encore un autre édifice ? Cette composition est certes grandiose, mais pour le moins malhabile. L’entablement au dessus du portail est un empilement de dalles et de pierres tombales, arrachées au sol de l’ancienne église. Le clocher évoque une échauguette.
A l’intérieur, le visiteur découvre un reliquaire de la collégiale défunte. Le sol est dallé de pierres tombales, entières ou découpées, provenant de la collégiale et du cimetière qui l’entourait. On peut y lire les épitaphes des bourgeois de la ville11 SIMONIN Pierre. « L’église d’Outremécourt et son épigraphie » dans Le Pays Lorrain, 1985, n° 4, pp. 202-224. .
Le curé Landrian a réuni ici les joyaux de l’ancienne église. Vous y verrez, à gauche de l’entrée du chœur, une vierge à l’enfant du début du XVIIe siècle appelée Notre-Dame du Cloître. Remarquez la grappe de raisin portée par l’enfant Jésus et l’élégant drapé du vêtement de la Vierge. Dans la chapelle latérale, à gauche du chœur, se trouve un bas-relief composé en 1710 d’une vision de saint Hubert (milieu XVIe siècle) surmontée de deux statues du XVIIIe siècle représentant saint Mansuy et saint Nicolas, de chaque côté d’un fronton ajouré semi-circulaire. La chapelle est consacrée à la mémoire des Landrian, dont les épitaphes ornent les murs.
L’église conserve par ailleurs, dans une niche à droite de l’abside, protégée par une grille et un rideau, un reliquaire contenant trois fragments de la sainte couronne du Christ retrouvés en 1672, dans les ruines de la collégiale, sous la pierre du maître autel. Malgré les recherches de l’abbé Liébaut22 LIEBAUT (Abbé). Les Epines de la Sainte-Couronne de Notre-Seigneur apportées en Lorraine. Nancy, Crépin-Leblond, 1898, 15 pages et Les Saintes Epines de La Mothe & de Sion. Réponse à l'Abbé Didrit. Nancy, Crépin-Leblond, 1899, 8 pages., leur origine n’a pu être élucidée.
La colline de Fréhaut :
C’est une agréable promenade, réservée cependant aux bons marcheurs. Partant de La Mothe, prenez la route menant à Soulaucourt puis poursuivez tout droit lorsque cette dernière tourne vers l’ouest. Le chemin mène à l’orée de la forêt mais disparaît ensuite. Gravissez la pente dans un agréable sous-bois. Les vestiges du retranchement creusé par les Français en 1645 sont encore bien visibles et conformes au plan de la circonvallation gravé par Beaulieu. Creusé en terre argileuse, le fossé est, par temps humide, partiellement inondé.
A Bourmont :
La Société Historique et Archéologique de Bourmont (SHAB) conserve, dans son local situé au rez-de-chaussée du bel hôtel particulier du XVIIIe siècle qui abrite l’hôtel de ville, différents objets provenant de fouilles dans l’ancienne cité, des vestiges lapidaires dont un fragment sculpté de calvaire portant les grandes armes de Lorraine et datant du XVIe siècle, des fragments de céramique et de carreaux de pavement, mais aussi des gravures, des souvenirs de la famille de Landrian et la copie de l’ancien drapeau de la Mothe, recréé pour l'inauguration du monument commémoratif en 1897.
A Germainvilliers :
Le calvaire, qui porte la date de 1629, aurait, selon une tradition non étayée, été rapporté de La Mothe, après sa destruction, par Antoine Sarazin, seigneur du village. Il comporte un joli décor sculpté de feuillages.
A Nijon :
La petite église conserve, encastré dans le mur nord de l’avant-chœur, le monument funéraire de Jean Plumeret, nommé chanoine de la Mothe en 1530 et décédé en 1551. Il est composé d’une plaque de fondation en marbre noir encadrée de deux colonnes, également de marbre noir, et de deux décharnés vêtus de leur linceul. L’ensemble est couronné d’un entablement surmonté d’une statue de la vierge. De pur style renaissance, ce monument ne manque pas de grandeur.
En dessous, un cartouche sculpté relate les conditions de son transfert à Nijon, par son arrière petit neveu, curé du lieu.
L’inscription débute ainsi :
« L'EPITAPHE CY DESSVS A ESTE TRANSPORTE DE LA MOTHE EN CE LIEV AFIN DE LE CONSERVER AV TEMPS DE LA DEMOLITION DE L'EGLÎ(S)E D'ILLEC ET NE SERT ICY QUE DEMBELISSEMENT …»
A Epinal :
Le musée départemental d’art ancien et contemporain conserve la superbe pierre tombale du sénéchal de Bourmont et La Mothe Jean Chintrel, décédé en 1402. Elle était autrefois conservée en l’église d’Outremécourt.
A Nancy :
Le musée lorrain conserve une huile sur toile représentant La Mothe pilonnée par des bombes incendiaires au cours du siége de 1645, des gravures du site et des sièges, des portraits et divers souvenirs des défenseurs de la ville. Il conserve également divers objets trouvés sur le site.
Les archives :
photos en cours d'affectation 1 2 3
Les archives intéressant La Mothe sont essentiellement conservées dans les dépôts suivants :
- Archives départementales de Haute-Marne à Chaumont,
- Archives départementales de la Meuse à Bar-le-Duc (registres de comptes des sénéchaux),
- Archives départementales de Meurthe-&-Moselle à Nancy,
- Archives départementales des Vosges à Epinal,
- Archives de l’armée à Vincennes (plans, correspondances de l’époque des siéges….),
- Archivio di Stato à Turin ( 3 plans de « l’Architettura Militare » )
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1 SIMONIN Pierre. « L’église d’Outremécourt et son épigraphie » dans Le Pays Lorrain, 1985, n° 4, pp. 202-224.
2 LIEBAUT (Abbé). Les Epines de la Sainte-Couronne de Notre-Seigneur apportées en Lorraine. Nancy, Crépin-Leblond, 1898, 15 pages et Les Saintes Epines de La Mothe & de Sion. Réponse à l'Abbé Didrit. Nancy, Crépin-Leblond, 1899, 8 pages.