La deuxième enceinte
Postérieurement à 1610, fut entreprise la construction d’une seconde enceinte.
Faite de terre et de pierre, donc facile à construire par les troupes, elle offrait le triple avantage d’une bonne résistance à l’artillerie (le boulet s’y enfonçait !), de présenter une pente raide et glissante aux troupes envisageant un assaut, enfin de protéger un chemin couvert au pied de la première enceinte facilitant la circulation des troupes.
La grande rue
Pavée, la grande rue était la principale artère de la cité. A chaque extrémité, elle buttait sur les fortifications bastionnées défendant les deux extrémités du plateau. Il est vraisemblable que, lors de la construction de la première enceinte médiévale, des portes y aient été ouvertes, mais les archives n’en n’ont gardé aucune trace.
Elle était bordée des plus belles maisons de la ville. Ainsi, l’hôtel du Boys de Riocour s’ouvrait par un portail ouvert dans un grand mur en pierre de taille. On pénétrait alors dans la cour, sur laquelle donnaient les écuries. L’hôtel, situé entre cour et jardin, possédait onze « Chambres a feu », c’est-à-dire dotées de cheminées.
La plupart des maisons moins bourgeoises possédaient deux étages sur caves. Sous la cour, une citerne recueillait les eaux de pluie des toitures. Souvent, un second corps de bâtiment abritait, au fond de la cour, d’autres logements, des étables et des écuries, car les animaux étaient nombreux dans la ville même.
Chacun des cratères que l’on peut voir ici ou là correspond, soit à une cave, soit à une citerne effondrée. Alors que les murs d’une cave ne sont pas crépis, une citerne se remarque à son enduit de chaux sur toutes ses parois, souvent encore recouvert d’un dépôt calcaire.
Les entrées de caves empiétaient plus ou moins largement sur la rue (l’une d’elle est dégagée, peu avant la collégiale, sur la gauche). Une ordonnance de police du 25 mai 1542 obligea à leur couverture par une trappe pour éviter les accidents.
Le fossé du château
Le château-fort construit à la fin du XIIIe siècle était entouré d’un large fossé. Avec la construction de l’enceinte médiévale, puis de la double enceinte bastionnée, son usage défensif disparut progressivement.
A la fin du XVIe siècle, lors de la construction de la « porte neuve » de Soulaucourt, son usage défensif avait totalement disparu. Le fossé était d’ailleurs utilisé par les riverains pour y jeter leurs ordures et gravats, ce qui obligeait les autorités à intervenir périodiquement pour faire nettoyer les lieux.
En 1590, le fossé sud fut partiellement comblé pour adoucir la pente, et transformé en rue qui permettait de joindre directement la « porte neuve » de Soulaucourt à la grande rue.
La porte de Soulaucourt
Encore appelée « porte de France », la « porte neuve » de Soulaucourt est la dernière réalisation de Florent De Belleau, « maitre-maçon » des fortifications. Elle était destiné à remplacer la « porte souterraine », étroite et malcommode, qui devait être source d’embouteillages permanents.
Elle fut construite entre 1586 et 1591, directement dans la courtine au droit du fossé sud de château, qui fut alors transformé en rue (son usage défensif avait disparu). L’ancienne porte fut alors convertie en casemate d’artillerie destinée à flanquer (à protéger) la nouvelle porte. La « porte neuve » comprenait une porte cochère et une porte piétonne. Chacune était précédée d’un pont-levis.
Elle était décorée de colonnes engagées constituées de tambours semi-circulaires, en retrait un sur deux, surmonté d’une large corniche. Au dessus, dans un grand cartouche carré, étaient sculptées les armes ducales et celles de Mr de Melay, le gouverneur de la ville, surmontée d’une statue de saint-Claude. Une toiture à quatre pans coiffait l’ensemble. A l’étage, une chambre était réservée à l’enseigne de la compagnie défendant la ville.
La porte d’Outremécourt
Elle était située dans le flanc Nord du bastion le Duc. Pour pénétrer dans la ville, on gravissait une rampe d’accès, parallèle à la courtine (elle est conservée), puis on franchissait un pont dormant en bois complété d’un pont-levis. La chaussée traversait l’intérieur du bastion en virant à 90° vers l’ouest pour déboucher en ville.
La porte d’Outremécourt était la seconde porte de la ville. Moins fréquentée que la porte de Soulaucourt, elle fut murée après 1610. On ne laissa alors qu’un passage piéton.
La « porte souterraine »
Ce que la tradition nomme « la porte souterraine » est en fait une succession d’ouvrages de défense, construits du XIIIe au XVIe siècles, pour protéger l’accès à la ville. Seule une partie était voûtée.
Au XIIIe siècle, la porte primitive donnant accès à la ville par l’ouest était percée dans la courtine au nord du château. Pour la protéger, on construisit successivement plusieurs ouvrages : au milieu du XIVe siècle, une barbacane, appelée à la Mothe le « baile », puis vers 1500, un ouvrage de défense supplémentaire dénommé le « belouart » (déformation du mot germanique « bollwerk » et lointain ancêtre du « boulevard »).
En avant des ouvrages précédents, une nouvelle porte entièrement voûtée fut construite entre 1515 et 1517. Elle était précédée d’un fossé, sur lequel s’abattait un pont-levis. Sous la voûte, le couloir de circulation est à gauche en entrant, laissant à droite la place pour les gardes. Se trouve là une cheminée. La voûte supportait une terrasse entièrement dédiée à l’artillerie, bordée d’un parapet. Cette terrasse prolongeait le boulevard construit autour des années 1500.
L’assaillant était ainsi condamné à un long périple sous la surveillance des murs du château avant d’atteindre la porte du XIIIe siècle.
Le bastion Saint-Georges fut enfin réalisé entre 1555 et 1565. Sa forme très allongée répond à une double motivation : s’adapter au terrain en évitant de trop mordre sur la pente, ce qui aurait été source de travaux très importants et donc fort coûteux. Il devait par ailleurs protéger, et donc englober, l’accès à la ville. Son orillon sud notamment, protège la porte.
Lors de la construction de la « porte neuve » de Soulaucourt en 1590, « la porte souterraine » fut transformée en casemate destinée à en assurer la protection. Le flanc du bastion fut reconstruit et fut doté d’embrasures de tir.
Le retranchement
L’enceinte médiévale, construite au XIIIe et XIVe siècles, ceinturait la totalité du plateau. Elle était constituée de demi-tours espacées régulièrement, séparées par des courtines.
Lorsque Ambrosio Precipiano dessina en 1546, son projet d’enceinte bastionnée, il ne put établir, à la pointe du plateau, deux bastions se protégeant l’un l’autre. Il décida donc de couper la pointe du plateau par un grand fossé, en deçà duquel il édifia les deux bastions de Danemark et de Vaudémont, séparés par une haute courtine. Il fit ensuite raser l’ensemble des constructions se trouvant sur la pointe, qui fut transformée en terrain d’exercice et dès lors dénommé le « retranchement ». Il conserva son enceinte médiévale mais en réduisit la hauteur.
Ainsi, les défenseurs positionnés sur les deux bastions et la courtine les séparant, pouvaient, en cas de siège, balayer l’ensemble du terrain et le début de la pente. A contrario, un ennemi ne pouvait s’abriter derrière cette enceinte.
Une passerelle de bois reliait la courtine au retranchement. C’est sur ce pont que fut tué, au cours du siège de 1634, le gouverneur Antoine de Choiseul d’Isches.
La pointe d'Isches
Construite entre 1580 et 1585 sous les ordres de Florent De Belleau, le « maitre-maçon » des fortifications, elle permettait de surveiller la pente au Sud afin de parer à toute attaque. Elle obligeait par ailleurs les mineurs ennemis à un très long travail de sape pour atteindre, depuis la pente, la courtine séparant les bastions sainte-Barbe et saint-Nicolas. Ce fut un chantier important, car elle allait chercher ses fondations très en avant dans la pente.
Elle fut la cible des mines françaises lors du siège de 1645, mais seule sa pointe fut touchée, ce qui interdit un assaut d’envergure par cette brèche.
La plateforme St-François
Vraisemblablement construite dans les années 1530-40, cette terrasse d’artillerie permettait de flanquer la longue courtine courant du bastion le Duc au bastion de Danemark. Naturellement protégée par la forte pente, elle ne fut jamais attaquée.
Le petit puits
Le petit puits est mentionné sur le plan de Florent De Belleau. Il se trouvait sur ou contre la courtine Est, à proximité du bastion de Danemark.
Le moulin à vent
La charte d’affranchissement de La Mothe octroyée en juillet 1258 précise que « li moulin seront bannel et li four, et seront miens… ». Cette charte fut confirmée par le duc Charles III le 9 avril 1476 : « …puisqu’il n’y a aucun moulin banal, fors et excepté le moulin à vent, sera par nous cy-après advisé d’en dresser ou faire dresser un pour la plus grande commodité de nos dicts subjets, laissant auxdicts et vénérables chanoines et chapitre la jouissance et possession des fours banaux dudit lieu, sans préjudice du droit de réachapt que nous et nos successeurs Ducs de Bar pouvons avoir ou avons sur yceux ».
Le moulin à vent est représenté sur le plan de Florent De Belleau (vers 1575). Il est par ailleurs représenté sur la plupart des gravures de La Mothe. Il était entièrement construit en bois, sur le point de plus élevé du site. Il était complété d’un moulin à cheval. Les deux moulins furent refaits à neuf en 1588.
La halle
Prévue par Thiébaut II, comte de Bar, dans la charte d’affranchissement de La Mothe datée de juillet 1258, la halle est mentionnée dès 1329 et est fréquemment citée dans les textes. Elle fut reconstruite en 1563 : « le bois propre a bastir a La mothe la moitié ruiné et destruit pour la reffection de leur halle et maisons… ». Les ordonnances sur les taxes et prix des vivres sont publiées « au poteau de la halle ». Elle était vraisemblablement entièrement construite en bois.
Le grand puits
L’emplacement du grand puits est attesté par le plan de Florent De Belleau, et par de nombreuses mentions d’archives. La plus intéressante est sans doute la mention du 12 septembre 1632 : « a l’assemblée de ce jour, plainte aurait été formée qu’aux ruelles descendantes et traversantes proches du grand puys de la ville, le mauvais temps de pluie continuelles aurait entassé et fait descendre plusieurs immondices et ordures prenant leur cours droit audit puys, comme aussi d’autres vilains amas provenants des tripailles et sang des bestes tuées par des bouchiers qui ne tiennent compte de les porter loing ». Plusieurs rues y convergeaient : « la rue des bouchers tirant au grand puits », « la rue du puits », « la rue descendant de la croix au puits » et « la rue qui tire depuis le vieux four banal au grand puits ».
Jules Marchal raconte que ce puits « a été déblayé et vidé à fond le 27 avril 1816 et jours précédents ; il a cinq pieds de diamètre et environ quatre-ving pieds de profondeur. Bâti avec le revêtement du rempart et compris dans son épaisseur, il touchait au mur intérieur du parapet, dont la roche lui servait de paroi d’un côté, et des autres côtés, il était fait en carreaudage. D’après les mesures que j’ai prises en ce moment, ce puits se trouve à 65 mètres de l’épaule de la plate-forme Saint François et à 85 mètres du redan de la poterne du bastion le Duc. ».
On n’en voit aujourd’hui plus aucun vestige.
Le four banal
La charte d’affranchissement de La Mothe octroyée par Thiébaut II, comte de Bar, en juillet 1258 précise que « li moulin seront bannel et li four, et seront miens… ». Le comte l’avait ensuite amodié aux chanoines.
L’église collégiale et le cloître
L’église collégiale de la Mothe fait l’objet de bien jolies légendes. L’une d’elle voudrait qu’elle ait été construite, lors de la création de la ville, sur le modèle de la basilique sainte-Sophie de Constantinople, dont un croisé aurait ramené le plan. Mais nous savons qu’elle existait antérieurement. On y a d’ailleurs retrouvé une base de colonne qui présente les caractéristiques de la première moitié du XIIIe siècle.
Pour asseoir la vie culturelle et religieuse de sa ville neuve, le comte de Bar Thiébaut II y instaura un collège de 12 chanoines. Sur la nef de l’église primitive, on greffa un long chœur qui permit d’accueillir les stalles des chanoines. Il se termine par un chevet plat, dont la base est encore visible.
L’église se présentait sous la forme d’une croix latine. Elle était dotée de trois nefs et d’un haut clocher. Les murs intérieurs et les piliers étaient recouverts des monuments funéraires et épitaphes des bourgeois de la cité.
Dans l’angle formé au nord par le transept et la nef, se trouvait le cloître des chanoines. On y descendaient par quelques marches, encore visibles de nos jours.
Le couvent des récollets
Les Récollets constituent une des branches réformées les plus austères de l’ordre franciscain. Le couvent de La Mothe aurait été le premier couvent récollet de Lorraine, l'importance de la place forte et sa situation en zone frontalière, ayant décidé le duc de Lorraine à implanter cette communauté franciscaine nouvelle juste après le premier siège de la citadelle intervenu en juillet 1634.
Sans doute modeste, le couvent était situé près de la courtine reliant les bastions le Duc et de Danemark.
Le 24 mars 1664, le duc Charles IV fit, par lettres patentes, donation de l‘emplacement du château de La Mothe aux Récollets de la custodie de Lorraine pour y installer un nouvel établissement. Ce projet restera sans suite.
On n’en voit plus aucun vestige.
Le couvent de la congrégation Notre-Dame
La « Maison du Vieil Bailly », sise en la rue d’Offrécourt, était un des plus anciens hôtel particulier de la ville. Il était composé d’un corps de logis, d’une cour, d’un jardin, d’une grange et « établerie ». Il avait été la propriété d’Humbert de Doncourt, d’où son nom, puis de Nicolas Oudin, prévôt de Choiseul. Après la mort de ce dernier, délabré et tombant en ruine, il fut vendu le 18 janvier 1624 pour 2500 francs à quatre pieuses filles de Vaudrecourt, qui le donnèrent aux religieuses Augustines, pour l’instruction gratuite des filles, sous la seule condition d’y être entretenues leur vie durant. Une chapelle y fut construite en 1629. Elle reçut la sépulture du gouverneur de la ville, Antoine de Choiseul d’Ische, tué au cour du siège de 1634.
On n’en voit plus aucun vestige.
Le château
Le château de La Mothe fut construit vers 1258–1260 par le comte de Bar Thiébaut II.
Implanté au cœur du plateau, mais tourné vers l’ouest pour mieux contrôler le passage sur l’antique voie romaine qui passe à proximité, il présente un plan classique de château « philippien », tel qu’on les construisait à l’époque dans le royaume de France. Quatre tours d’angle circulaires, reliées par de hautes courtines, enserrent une vaste cour. Pas de donjon central. Adossé à la courtine, autour de la cour, différents bâtiments. Le grand logis est implanté au Nord, pour profiter d’une exposition sud. La porte d’entrée est à l’Est, à l’opposé du côté de l’attaque. Grâce au plan de Florent de Belleau, « maitre-maçon » des fortifications de la ville de 1563 à 1595, nous avons une bonne connaissance du plan de ce château. Voir Visite du château (dans l'onglet Documentation)
La boucherie
En 1593, le duc donna l’ordre d’acheter un terrain pour y faire construire une boucherie. Elle était située dans la rue des bouchers tirant au grand puits (appelée plus simplement rue de la boucherie), contre l’auditoire : « …la boucherie de La Mothe bastie et erigée aux frais de S A en la rue tirant au puys au dessoubz de l’auditoire et joindant iceluy, a charge que les bouchiers presents et avenir payent par an Mil quatre vingt quinze francs pour la rente de deniers y employés l’entretenement d’icelle aux frais de S.A. les dits bouchiers estant seulement chargés dez menues refections n’excédant pas six gros de reparations… ». Les paiements des travaux de construction sont détaillés dans les comptes du sénéchal Etienne de Roncourt pour l’année 1594. En 1602, les bouchers « sont sept a huit au dit lieu ».
Le bastion Saint-Nicolas
Identique dans sa conception au bastion sainte-Barbe, le bastion Saint-Nicolas ne paraît pas avoir été modifié jusqu’en 1634.
Lors du premier siège de La Mothe (1634), il fut la cible des assiégeants français, et partiellement détruit.
Dès 1635, sa reconstruction fut entreprise. Sa face et son orillon sud ne paraissent pas avoir été modifiés. Sa face à l’Est (celle qui est aujourd’hui dégagée) fut par contre reportée en arrière de plusieurs mètres pour éviter d’ancrer ses fondations dans la pente.
A l’intérieur du bastion, furent construites, parallèlement à ses flancs, des « galeries d’écoute ». Les défenseurs pouvaient ainsi descendre à l’intérieur du bastion pour établir des contre-mines en direction des assaillants. Compte tenu de l’état des vestiges, il est interdit de les approcher et a fortiori de vouloir y pénétrer.
Le bastion Saint-Georges
Le bastion Saint-Georges fut réalisé entre 1555 et 1565. Sa forme très allongée répondait à une double motivation : s’adapter au terrain en évitant de trop mordre sur la pente, ce qui aurait été source de travaux très importants et donc fort coûteux. Il devait par ailleurs protéger, et donc englober le long cheminement, au travers de la porte souterraine, qui permettait l’accès à la ville. La porte de Soulaucourt s’ouvrait en effet, avant la construction de la porte neuve (celle que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de porte de France), derrière l’orillon du bastion saint-Georges.
Il est globalement conservé, même si son parement a pratiquement disparu.
Le bastion Sainte-Barbe
Le bastion sainte-Barbe fut construit autour des années 1555 et ne fut jamais modifié par la suite.
Point faible de l’enceinte comme l’ensemble du front sud, il fut la cible des mineurs des deux sièges de 1634 et 1645, où il fut aux trois-quarts détruit.
C’est par la brèche qui y fut pratiqué le 18 juin 1645 que les français purent s‘emparer de la ville.
On n’en voit de nos jours plus aucun vestige.
Le bastion Saint-Antoine
Un premier ouvrage, de taille très réduite, fut tout d’abord construit dans les années 1530-1540. Lui-même englobait sans doute alors une tour de l’enceinte médiévale.
En 1573, Fernando de Vitelli projeta de reconstruire en cet endroit la courtine très en retrait, ce qui aurait dégagé l’emplacement d’un futur chemin couvert. Pour limiter la distance entre les bastions Saint-Nicolas et Le Duc, il aurait reconstruit ce dernier plus au sud. Mais le projet était colossal, et donc fort coûteux. Florent De Belleau opta pour la reconstruction des ouvrages à leur emplacement initial, décision pragmatique puisqu’elle permettait un échelonnement des travaux, et moins onéreuse, puisqu’elle intégrait les ouvrages anciens dans les nouvelles constructions.
Aucun vestige apparent n’en subsiste.
Le bastion le Duc
Le bastion le Duc fut construit entre 1580 et 1590. Ce fut un chantier colossal. De l’avis des contemporains, le bastion avait plus de 100 pieds de haut.
Le bastion Le Duc fait suite à un ouvrage, construit en 1537, qui avait mission de protéger la porte d’Outremécourt. Cet ouvrage présentait deux flancs perpendiculaires à la courtine, mais ses faces n’étaient pas dirigées vers la pente, pour éviter d’aller trop loin asseoir leurs fondations, mais au contraire « rentrantes ».
La porte d’Outremécourt était située dans son flanc Nord. Pour pénétrer dans la ville, on gravissait une rampe d’accès, parallèle à la courtine (elle est conservée), puis on franchissait un pont dormant en bois complété d’un pont-levis. La chaussée traversait l’intérieur du bastion en virant à 90° vers l’ouest pour déboucher en ville.
Le seul vestige encore visible est son flanc nord.
Le bastion de Vaudémont
Identique dans sa conception au bastion de Danemark et construit conjointement, en 1547, il fut ainsi dénommé en hommage au comte de Vaudémont, co-régent de Lorraine au côté de Chrétienne de Danemark.
Il ne semble n’avoir jamais été modifié. Mais il est vrai qu’il n’était pas considéré comme hautement stratégique, n’étant pas situé sur une partie jugée vulnérable de l’enceinte.
Après la prise de la ville en 1645, les paysans réquisitionnés pour sa destruction « poussèrent » les parapets des murs et des bastions dans les fossés. Mais le cœur du bastion est resté intact sous ses propres déblais, et le bastion de Vaudémont est sans doute de nos jours celui qui, à La Mothe, est le mieux conservé.
On n’en voit aujourd’hui plus aucun vestige, mais le dénivelé avec le grand fossé Nord atteste encore de sa hauteur passée.
Le bastion de Danemark
Avec son « pendant » le bastion de Vaudémont, il fut conçu en 1547 par Ambrosio Précipiano, l’ingénieur militaire italien « prêté » par Charles Quint à sa nièce Chrétienne de Danemark, et ainsi dénommé en hommage à la régente.
C’était à l’époque un ouvrage tout à fait nouveau, la fortification bastionnée ayant été inventée en Italie vers 1530. Les plans qui nous sont conservés le présente comme un bastion peu étendu et assez fermé à la gorge, ce qui pouvait poser un problème de circulation des troupes et des approvisionnements en munitions.
Le bastion de Danemark fut reconstruit sur un plan plus vaste après 1630, mais l’ouvrage n’était pas achevé en 1634 lors du premier siège. Les parements étaient terminés, mais insuffisamment secs pour que l’intérieur puisse être chargé de terre. Les assaillants français appelaient ce bastion « l’ouvrage blanc », du fait de la chaux qui jointoyait ses pierres.
Il est enterré sous ses propres déblais, et les vallonnements formidables qui bordent le grand fossé Nord attestent encore de son importance passée.
L’auditoire et prisons
En 1590, le duc de Lorraine acheta à La Mothe la moitié d’une maison pour y construire un auditoire et des prisons. Nous connaissons son emplacement grâce à une mention situant précisément la boucherie contre l’auditoire : au carrefour de la « grande rue » et de « la rue des bouchers menant au grand puits ». Le bâtiment comportait au moins un étage.
La Mothe n’a jamais eu d’hôtel de ville. Les réunions de la « chambre » (le mayeur, les échevins, le greffier, deux ou trois bourgeois dont le précédent mayeur, deux nobles et deux membres du clergé) se tenaient au domicile de l’un d’eux (souvent dans la maison du prévôt du chapitre, mais aussi chez le mayeur). Les assemblées de l’ensemble des bourgeois constituant la « communauté » se tenaient le plus souvent à l’auditoire ou sur la place de la croix.
Il n’en reste aucun vestige visible.